Oui, c'est fait. J'ai remis les pieds sur ce blog. Et je n'ai pu
empêcher un rictus de jaillir sur mon petit visage en lisant mon
dernier article, en lisant, en fait, le dernier passage de mon
existence que j'avais pu raconter.
Car les choses changent mes amis ! Oui, les choses changent ! Un
soir, comme ça, on se retrouve à la Comédie Française, mort de
rire, et quelques heures après, on est en train de hurler sur un
gars qu'on a retrouvé dans sa maison en rentrant.
Un gars bizarre, d'ailleurs, comme il y en a par dizaines dans mon
immeuble (ou plutôt devrais-je dire ex-immeuble, mais ça gâche la
suprise). Sachez cependant que j'ai neutralisé l'individu en deux
temps trois mouvements et l'ai declaré persona non grata (comme
tous les gens de mon immeuble d'ailleurs, personne ne fout les
pieds chez moi, ça va pas non). Et sinon, en vrai, j'ai ouvert ma
porte avec ma clé dans une serrure qui n'était pas forcée, et il y
avait un type dans mon appart, avec mon chat, qui avait du toucher
mes affaires. Je l'ai foutu dehors, et j'ai sans doute eu de la
chance de m'en sortir comme ça. Et comme j'avais été assez héroïque
pour la soirée, je me suis mise à pleurnicher sur mon sort. Parce
que bon, quand même, ça fait un drôle d'effet.
Seul manque à l'appel un lecteur mp3.
Déjà que je pouvais pas blairer cet endroit, là c'était le bouquet.
Constat des forces de l'ordre : " Vous savez mademoiselle... Ca
sert à rien de porter plainte... On peut rien faire pour cet
endroit"
Ah bah bien.
Et les agents de sécurité me conseillent de changer d'étage.
La meilleure idée, quand on le peut, c'est de fuir un endroit où
trois appartements se font bousiller par semaine, où les gens font
chier leurs chiens dans les couloirs et où le gardien, bourré en
permanence, est obligé d'afficher des pancartes pour expliquer
qu'il faut jeter les ordures dans les poubelles et non pas par la
fenêtre.
J'ai donc fui en tout hâte à Courbevoie, cité toute aussi flippante
que Clichy mais dans un autre genre. A Courbevoie, il y a des
commerces, des gens polis, voire galants (oh mon dieu), et j'ai du
mal à en reprendre l'habitude. La première fois qu'un homme m'a dit
"après vous je vous prie", je lui ai lancé mon portefeuille en
tremblant et ai pris mes jambes à mon cou. Ils sont fous ces
courbetrucs.
Si j'étais mon chat, moi aussi je me roulerais sur la moquette/le
balcon de ce chouette appartement où j'ai trouvé refuge.
Des Sushis posté le mardi 22 décembre 2009 17:28
Pouet posté le mardi 17 novembre 2009 22:53
Au bout d'un moment, il faut bien manger, et surtout nourrir son
chat. Alors comme la seule solution envisageable semblait être de
tout simplement manger mon chat, j'ai choisi de trouver un travail
alimentaire.
Travail alimentaire : nom masculin. Travail effectué dans l'unique
but pragmatique d'avoir un salaire, sans gloire ni passion.
Petit lecteur, voici un conseil avisé : si tu cherches à trouver un
job rapidement, oriente-toi vers les fast-foods, et si tu as un
piercing à l'arcade, choisis plutôt le télémarketing. On embauche
vite, on vire vite, c'est pratique.
Mon arcade étant soigneusement et joliment ornée d'un petit bijou
violet, me voilà donc dans le cas de l'option numéro 2.
Entretien d'embauche, mais mademoiselle, je ne comprends pas,
qu'est ce que vous venez faire chez nous avec un master ?
Figurez-vous que le soir, quand les scooters s'ébrouent et que les
bouteilles se cassent, bien au chaud dans mon lit, je me pose
également la question. J'attends mieux. Je cherche mieux. En
attendant mieux, je dois manger, mon chat doit manger pour pouvoir
miauler à la mort.
J'ai donc, vous l'avez compris, testé le télémarketing, métier que
je honnissais par dessus tout et auquel je pensais avec moults
remontées acides. Mais que voulez-vous.
Et voici donc notre petite Ceya en période d'essai de deux jours,
non payée, à s'appeler Samantha et vendre des rendez-vous
anti-cellulites à des Micheline au foyer.Constatation numéro 1 : je
ne le savais pas, mais toutes les femmes sont canons. Aucune n'a
besoin de perdre du poids. Aucune n'a de cellulite. D'un autre
côté, n'oubliant pas que si on m'avait appelé pour me proposer ça,
j'aurais défoncé la personne par téléphone, je n'insiste pas trop,
mais un peu quand même parce que zéro ventes est égal à au revoir
mademoiselle.
Constation numéro 2 faite par un boss : "Dis donc Célia tu fais une
excellent pétasse au téléphone". Merci monsieur. Je suis très
touchée.
Ceya fait donc quand même un tas de ventes anti-cellutlites et
obtient donc la place tant convoitée de télévendeuse pour un
journal dont on ne citera pas le titre mais qui ressemble fortement
à ce phénomène qui a lieu lorsqu'on crie quelque chose dans un
endroit où ça résonne.
Le télémarketing c'est simple. On vire les vieux qui comprennent
rien, on leur raccroche au nez. On vire ceux qui ont trop d'accent,
parce que bon quand même, c'est pas du racisme mais on peut pas se
le permettre. On ment. Non non, je n'appelle pas du tout pour vous
proposer un nouvel abonnement, j'appelle juste savoir pourquoi vous
n'avez pas renouvelé l'ancien. Un oubli ? Ah bah écoutez, ça tombe
bien j'appelais justement pour vous proposer un abonnement !
On aime pas embêter les gens, et puis on se force, parce que si on
vend pas, petite réunion et sans plus de cérémonie, dehors avec son
solde. Hop. Et puis ça devient franchement flippant quand on
découvre qu'en fait on est doué pour ça.
Ouais c'est VRAI j'y arrive bien. Mais j''aime toujours pas. J'ai
acquis le détachement nécessaire pour répéter mon discours tout en
pensant à autre chose. Je deviens rêveuse quand j'appelle quelqu'un
en Bretagne ou un groupe d'édition. Je papillonne dans ma tête en
rêvant de manuscrits, d'auteurs. Je me console en me disant que je
préfère ça que sentir la frite, que la chance va tourner, que je
vais trouver un chouette appartement et un chouette travail.
Et puis, dans le télémarketing, ce qu'il y a de chouettes c'est les
discussions avec les collègues : "Alors Ceya, il est comment
ton mari ?"
Mon.... QUOI ?
Tout le monde est maqué, beaucoup ont des enfants. Qu'est ce que je
fous là moi ?
C'est toi la confiture posté le vendredi 13 novembre 2009 21:27
Quand j'écris pas, faut me mettre des claques. Le premier qui
essaye de me mettre une claque, je le défonce.
Finalement chers amis, chers lecteurs, j'ai attendu trop longtemps
pour poster la suite de mes aventures à Venise. J'aurais du faire
comme en Egypte, et écrire sur le moment, c'était plus chouette.
C'était bien, c'était chouette, et on y retournera, mais pas tout
de suite quand même, parce que merci le budget glaces.
Deux mois sans écrire, c'est long. J'aimerais tant avoir des choses
palpitantes à raconter, me suis-je dit devant mon écran, jusqu'au
moment où j'ai réalisé que depuis que je tiens un blog, je n'écris
pas sur des choses palpitantes mais sur des choses nâzes que je
RENDS palpitantes. C'est mon don à moi ça, vous passionner pour une
file d'attente à la Caisse d'epargne.
Cependant, le problème c'est que la vie dans le 9-2-wesh-wesh,
c'est très difficile de rendre ça passionnant. Comment pourrais-je
vous narrer avec brio la vie dans cet immeuble où, chaque nuit, de
joyeux énergumènes hurlent et se bourrent la gueule en forçant des
serrures pour squatter des appartements ? Comment vous raconter
avec toute la verve nécessaire le fait de faire la vaisselle dans
le lavabo parce que les canalisations rendent l'âme ? La douche qui
suit le même chemin, les interrupteurs cassés, les gens qui tapent
aux portes la nuit pour voir si quelqu'un habite là, ceux qui vous
emmerdent quand vous rentrez tard, la musique de merde à fond
?
Vous le comprendrez, la Ceya cherche à déménager. Mais relativise
aujourd'hui même car fréquente quelqu'un qui n'a même plus
d'appartement et squatte chez les uns et les autres.
C'est un tout, les copains. La vie à Paris, ça a des côtés hyper
chouettes. Des milliards de choses à faire, des milliards qu'on ne
fait pas faute d'argent, faute de temps, faute d'amis qui n'ont pas
envie d'y aller. Des milliards de choses qu'on fait et qu'on
découvre.
Et puisque je suis d'humeur à m'épancher, je vous concocte tout de
suite un autre article super chouette.
We're dead to the world posté le vendredi 11 septembre 2009 19:52
Bon. Voici quelques jours que je peine à écrire un formidable
article sur Venise. Ce soir, les circonstances m'y poussent. Les
circonstances sont personnifiées en cette belle soirée de septembre
par six individus en régression évolutionnaire qui "chantent" sur
le banc en face de chez moi en faisant tournoyer leurs casquettes
et en se congratulant par de vigoureuses bourrades viriles.
J'ai donc testé pour vous : Venise. Venise. La ville du romantisme,
des amoureux, des gondoles. Moi, j'y suis allée parce que Sid m'en
parle depuis des années, et qu'un vol 22 euros aller-retour, ça ne
se refuse décemment pas. Nous voilà donc parties pour quelques
jours, enchainant navette, avion, bus et train pour arriver jusqu'à
la Sérénissime. Oh, que c'est calme. Pratiquement pas de
publicités, pas de moteurs à part de temps en temps celui d'un
vaporetto ou d'un bâteau privé. Pas de scooters, de motos, de
voitures en tous genres, et, lorsqu'on quitte les abords du Grand
Canal, uniquement le son des gens qui marchent, puisque bien
évidemment, les rues sont entièrement piétonnes.
Ne jamais penser qu'on peut trouver quelque chose facilement à
Venise. Notre auberge de jeunesse était indiquée comme à dix
minutes de la gare Santa Lucia. Il nous aura fallu une heure pour
la trouver dans le dédale des rues, impasses et ruelles débouchant
sur des canaux en prime. Bien entendu, lorsque nous y parvenons
enfin, les employés sont partis et nos coups à la porte restent
sans réponse. Quel choix nous reste-t-il ? Trouver un hôtel à
cinquante euros la nuit, dormir dehors. Nous choisissons la
deuxième proposition. Je prends ça du bon côté, observer Venise
pendant la nuit, tout ça. Au bout d'une heure, je suis nettement
moins enthousiasmée par l'idée. Excédée, Sid décide de retourner
sonner jusqu'à ouverture de la porte. Et ô miracle, la porte
s'ouvre sur un jeune locataire ensommeillé mais apparemment jovial,
et nous squattons deux lits vides jusqu'au lendemain.
Que nous arrivera t-il ensuite ? Vous le saurez plus tard... (Oui
je le fais en plusieurs morceaux mwahaha)
Casey's last ride posté le vendredi 28 août 2009 19:28
En tuer un, oui, lui tordre son sale petit cou après lui avoir
fait bouffer sa casquette.
Dans un film, excédée, je sauterais par la fenêtre, ils seraient
trop estomaqués pour se mettre à courir et paf. Je tordrais tous
ces sales petits cous.
Et non, le coup des fruits pourris c'était pas une blague comme le
croyait la petite Charlotte. Pour preuve, la récidive de ce soir.
J'ai donc testé cette fois pour vous, j'écoute de la country pas
trop fort depuis chez moi, et on me lance des fruits pourris en
ricanant.
Donc en gros, soit j'écoute ma musique au casque, soit j'écoute du
rap. Les deux marcheront. Revotez Clichy.
J'ai la nostalgie de ces articles que j'écrivais en Egypte. J'avais
tellement de choses à raconter.
N'empêche qu'aujourd'hui, j'ai également testé pour vous : le
supermarché. Bon d'accord, je le teste souvent mais d'habitude ça
ne vaut pas la peine d'être raconté.
Or donc, ce soir, faisant fi des appels déchirants des muffins,
donuts et autres substances addictives, je fonçai droit sur les
légumes. Mes emplettes effectuées, transpercée de joie à l'idée de
faire un énième repas sans sucre ou chocolat ou autre susbstance
illicite, je me dirigeai vers une caisse et me retrouvai juste
derrière une de ces incroyables femmes au foyer dont la façon de
faire les courses relève d'un exploit ahurissant.
La Jeannette moderne porte un jean serré et une veste en cuir, en
général. Plus important encore, elle mâche un chewin-gum la bouche
ouverte et a toujours les sourcils haussés dans une volonté de dire
"oulalala que je suis hautaine". Ca, c'est la Jeannette. La
Jeannette a un chariot de courses énorme, forcément puisqu'elle a
des tas d'enfants. La Jeannette achète bio parce qu'elle a les
moyens et que c'est dans le vent, elle n'achète jamais quelque
chose de gros. Elle préfèrera toujours les trois boites de maïs de
petite taille plutôt que la boite plus grosse (et au final de la
même contenance que les trois autres additionnées) et moins chère.
C'est tout un concept.
Jeannette me fascine par sa capacité à placer toutes ses courses
sur un petit bout de tapis de caisse parce qu'elle refuse
d'attendre qu'il y ait plus de place. Elle assène ses courses,
plante fermement bouteilles et cartons sur ledit tapis, réalise des
angles improbables dans lesquels elle place d'autres choses.
J'arrive jamais à faire pareil.
Lorsqu'arrive mon tour, je me saisis de mon panier, et le renverse
sur la caisse. Plus simple, plus bourrin. De toute façon, je ne
suis jamais trop chargée vu que je rentre à pieds. Et oui, la
Jeannette, elle, va rentrer en voiture. Et la Jeannette attend
d'avoir fini de ranger ses courses pour payer. Ben tiens.
L'ile de France m'a l'air relativement moins douée pour le respect
et l'empathie que la Bretagne.
Je suis si xénophobe, je sais.
Et pourtant. Même à Clichy, légende internationale donc je n'avais
jamais entendu parler avant de regarder les spectacles de Gad
Elmaleh, il y a des imprévus agréables.
Et plus je vis ici, plus j'ai envie de réussir pour me barrer
ailleurs. C'est donc pas forcément nocif.

